Petite Etude pour la Proposition de Pratiques Saines

pour la Recherche en Esotérisme


Nécessité de la recherche

Dans les siècles passés, l'interrogation sur les structures cachées du Réel (de nos jours ésotérisme) a porté divers noms, les plus respectables et autorisés étant Métaphysique et Théologie.

La Métaphysique, comme son nom l'indique, se voulait une recherche en prolongation des manifestations purement physiques. Un des derniers grands métaphysiciens a été Heidegger, qui tout en posant de bonnes questions (l'essort de la technique, d'une part, ou d'autre part le Dasein –l'ici et maintenant–) n'a pu que célébrer l'avénement d'ouvertures, et la probable venue de philosophes appelés à inventorier ces espaces. Un des premiers grands métaphysiciens a été Aristote, qui comme un Kant de la Thrace, tout en reconnaissant un champ offert, a aussitôt voulu reconnaître des bornes aux spéculations de la pensée… Cette histoire de bornes a donc eu la vie dure…

Ceci tandis que la Théologie ne s'encombrait que de recherches spirituelles sur un champ qui fut, pendant 1500 ans, celui de la Révélation, comme si aucun Médiateur entre Dieu et l'Homme n'avait jamais existé. Or ce qui était valable pour l'Esprit Saint dans un certain contexte (la fin de la Société Antique) n'est plus valable de nos jours; par un simple exemple, les esclaves sont nominaux, puisque le labeur est effectué par des moteurs [L'opinion publique est la grande esclave moderne, dressée à réagir, mais surtout s'impressionner en projetant d'énormes vagues émotionnelles, c'est à dire des raz-de-marée psychiques. Notre fonctionnement est donc identique à celui de tous les âges, avec des dirigeants encore moins conscients qu'à certaines époques –au moins les Rois étaient initiés… et dans l'antiquité, ils étaient parfois grands prêtres, ceci pour infirmer la vision guénonienne d'une tradition de la séparation temporelle/spirituelle qui n'a existé que dans certaines circontances.]
Mais les théologiens ne sont pas payés pour travailler sur la foi (qui n'a jamais posé le problème du doute, contrairement à la croyance) ou sur la conscience (excepté les directeurs de conscience, certains accédant à de hauts rangs dans les cours européennes, afin de révéler leurs relatives limites –pensons à Fénélon et Bossuet, célébrés, mais de peu de poids face à un Louvois). Très tôt, dans le système de pensée unique mis en place, il n'y a plus eu de théologiens libres, en occident et au début de notre ère. Les théologiens ont surtout voulu éviter de comprendre qu'il fallait aller au delà des premières pertes du sens reconnu du Message, et essayer de renouer avec un socle profond. Quoi qu'il en soit, animé par un clergé de moins en moins occupé de la vigilance face aux démons, le domaine devint rapidement clos, puis encombré de concepts dogmatiques

Parallèlement à ces deux grandes voies (métaphysique et théologie), d'autres interrogations portaient sur l'influence de l'esprit dans la matière (Alchimie), sur l'ordonnancement des voies divines (Kabbale), ou sur les synchronicités des horloges cosmiques et leur projection dans ce que l'on nomme géométrie —ou mathématique des plans– (Astrologie). Ces trois disciplines étaient encore relativement bien tolérées et, même si décriées, conservèrent pendant de nombreux siècles (en parallèle du christianisme officiel) une certaine liberté d'action, et une réputation problématique mais reconnue.


La Nécessité absolue

Tout questionnement nait d'un inconfort, d'une insatisfaction (Platon disait qu'il n'y avait pas de philosophie sans curiosité. Mais qu'est-ce que la curiosité, sinon une inquiétude ?). En particulier lorsque l'ordre des choses du ici et maintenant n'est pas cohérent et laisse apparaître une faille, à laquelle il s'agit de remédier par la recherche de la Vérité, puisque le vraisemblable ne convient plus et donne de l'urticaire.
D'autre part, il existe une nécessité absolue de faire remonter à la conscience, non seulement des fragments de sens épars qu'il faut relier, mais les conditions qui enchaînent et conditionnent. C'est à ce prix que peuvent seulement commencer à s'exprimer les dons et qualités de chaque individu, pour des travaux de réelle qualité, induisant d'abord son bonheur et celui de son entourage, et ensuite son salut, c'est à dire la potentialisation positive de son champ d'incarnation.
C'est ainsi que s'exprime la célébration de la Conscience (qui est aussi Amour, Vie et Lumière).
Enfin, la marche vers le plus possible de lucidité est peut-être ce qui nous est demandé à tous, in fine, n'importe comment, et sans que ce soit marchandable. Il faut ouvrir les yeux, c'est comme ça et pas autrement.
L'auto inférence de cette problématique, c'est qu'il ne s'agit pas seulement de chercher et trouver, mais aussi de bien chercher pour trouver avec clarté et simplicité (diligence et économie). C'est pourquoi il est nécessaire de poser la question « Comment bien chercher en ésotérisme, et ne faut-il pas une méthodologie adaptée ? »

Difficultés de la recherche

Pour les questions relevant de la Physique institutionnelle, les difficultés relèvent de la mise au point d'outils adaptés et de l'interprétation du sens des données reçues par l'observation de l'expérience. En ésotérisme, la problématique est la même, mais de plus, des barrières intrinsèques se dressent autour même de l'objet à étudier.
Concernant l'ésotérisme, nous mettrons de côté les calembredaines, les sottises, le fatras, toutes les scories relevant du factuel. Comme si l'astrophysiciens commençait une communication en se plaignant qu'en arrivant au labo, l'aspirateur n'avait pas été passé sur la moquette… On imagine… Oui, bon, ce n'est pas reconnu, c'est décrié, il faut sélectionner hautement ses interlocuteurs, adopter profil bas dans la Société… Mais ne nous plaignons pas ! A l'âge classique, un enfer des disciplines secrètes doublait le Paradis de la recherche demi-institutionnelle et son purgatoire semi-sulfureux : la Mancie d'abord, soit toutes les techniques d'enquête sur les destins, plus ou moins fixés, donc la connaissance de l'avenir, et aussi surtout la Magie, qu'elle soit à vocation blanche (théurgie, guérisons) ou noire (goëtie, quête de puissance, de potentiels, sorts, etc.).

A) Pureté de l'inspir

Tout un chacun peut commencer à chercher, et trouver des réponses qui le satisfassent. Dans le même temps de cette recherche, des fausses voies, impasses et inadvertances, apparaîtront, parfois en grand nombre. Le chercheur débutant y trébuchera, et parfois s'y enfermera, soit en désespoir de cause, soit persuadé que la voie qui l'a mené loin mais est fermée à son issue représentait la meilleure possibilité d'approche de ce que certains ont somme toute présenté comme inaccessible (un fanatisme de "ma voie préférée qui m'a ouvert la conscience —ou bien m'a mené si loin—" peut ensuite se manifester, on le remarquera).
Il faut bien se représenter que la recherche en ésotérisme ne se fait plus sur le plan mental, mais sur le plan causal, pour reprendre une figuration théosophique. Bien que la question des sept plans (physique, éthérique/santé, astral/émotionnel, mental/idées, causal/prophétique, budhique/karmique —en Bengali, Budha signifie mercure—, et divin/ineffable) ait put être discutée, et déplafonnée en de multiples sous-plans, il existe non seulement une progression douce et sans transitions entre ces niveaux (qui ne sont donc pas découpables à l'empan) depuis le dense jusque vers le plus subti, mais il existe aussi un degré de pureté (voir figure).
Si donc il existe ce que l'on nomme un haut astral et un bas astral, pour parler de qualités d'émotions, ou un haut mental et un bas mental, pour parler de qualités d'idées, (et de même une haute santé et une basse santé) il est donc à supposer qu'il existera un bas causal et un haut causal, donc par exemple un channelling limité à certaines circonstances, et des channellings révélant l'universel.

B) Elusivité

De plus, il existe une difficulté absolue, qui est celle de l'élusivité, ou dérobade du sens, par volonté(s) supérieure et impérieuse. Celle-ci étant présentée en détail dans la section de ce site qui lui est relative, nous n'aurons pas à longuement nous attarder ici sur son commentaire (bien que nous y revenions tout de suite, en ce qui concerne les codes. Sa forme est multiple, son champ couvre l'ensemble des disciplines de connaissance du caché, et ses modes opératoires savent se déguiser stratégiquement à plusieurs niveaux, récurrents ou complémentaires.

C) Codes et fragments

Ce que recouvre l'idée de code, c'est bien entendu ce que l'on nomme le crypté. Les présentations codées ne sont pas lisibles pour le sens commun. Même si ces types de production ont été détournés pour mettre au point des disciplines de codages et cryptages intentionnels de messages, autant la difficulté demeure intrinsèquement à base de ce que l'on nomme l'ésotérisme. Après tout, celui-ci par définition n'est pas exotérique. Dans les disciplines de l'ésotérisme, des transpositions, permutations ou symbolismes peuvent s'opérer sans qu'aucun fond n'en soit affecté. Ou au contraire, un minime élément anodin sera une clé déclenchant des cascades d'effets et de sens.
Le fragment, lui, peut être la survivance parcellaire d'un ensemble, ou un simple indice. Il est tout ce qui manifeste un sens de manière évidente, sans qu'on puisse vraiment relier ce sens à une chaîne, et ceci bien qu'on puisse parfois deviner à peu près sa place, son inférence, sa valeur. La meilleure analogie pour le caractériser est peut-être "la pièce de puzzle".

Il convient de se poser à bon escient la question du rôle du code, et de comprendre qu'il s'agit d'un jeu avec l'élusivité. En disant les choses de manière codée, on peut déjouer le barrage de la censure automatique ! C'est une part des raisons d'être des codes, tels qu'ils sont apparus dans l'histoire de l'ésotérisme...

L'autre part des raisons d'être des codes, c'est qu'il existe (et existait) des niveaux de compréhension de certaines clés. D'où l'idée d'élitisme recouvrant les "degrés", les "levels" et les grades dans les écoles qui ne sanctionnent pas l'accumulation de "savoir", mais la compréhension, l'intégration, l'expérimentation par l'individualité dudit savoir.  Les clés des codes sont alors délivrés (ou auto-délivrés, et validés) par ceux qui atteignent certains niveaux.

D) Stupidités et élucubrations

Enfin, une dernière difficulté –humaine– en Recherche nait tout simplement, d'une part de l'inaptitude et du manque de sérieux de chercheurs dans une discipline donnée, d'autre part de la pourriture de chercheurs arrivés, renommés, mais épuisés et cramponnés, ou monnayant l'accès à des barreaux de l'échelle. On a donc affaire à des bateleurs, des faiseurs, et aussi à des mandarins, des gurus et des serpents à sornettes. Par chance, ce phénomène d'immaturité et de trop grande maturité concerne toutes les disciplines de la Recherche des savoirs et connaissances. Par une autre chance, les Structures de la Société ont mis en place de grands réservoirs où peuvent se complaire ces chercheurs nuncupatifs : Les Universités, et les Grands Centres de Recherche subventionnés. Bien entendu, je m'empresse de mentionner que je ne vise personne de connu ou même qui voudrait se reconnaître… Ah là là, que de mots… Gurdjiev n'en avait qu'un : Hasnamous.

Pour le domanine particulier de l'ésotérisme, l'effet de la difficulté crée n'est pas la déconsidération (qui somme toute ressort de l'élusivité) mais la perte de sens qui affecte des éléments, par toutes sortes d'effets : galvaudés, contrefaits, ou présentés et avancés comme importants. Ce manque de sens viendra aussi d'une présentation, produite sans références, sans contextes, sans sources, souvent parce que le chercheur prétend monter sur un socle et défendre "le gros truc important" —par ex. méthode, panacée, correspondance géniale, système ou modèle— alors qu'il a en fait emprunté, puis s'est approprié et inventé une paternité, mais ne veut pas avouer son larçin. Ce "chercheur" au petit pied ne peut en dire plus sur ses sources, sa démarche, parce que ce serait avouer qu'on trouve son emprunt, déjà tout constitué et attendant un voleur, quelque part à la page XXX d'un obscur grimoire d'un obscur auteur… C'est ici que la méthodologie rejoint la déontologie, d'une part…
Mais d'autre part il existe un danger de la présentation de nullités, sans même que le souci déontologique soit invocable.
Et au bout du mécanisme, parler pour ne rien dire, publier des redites est vain… Quant à reprendre des mots d'ordre (le mental c'est mal… ou kill the ego) et des circulaires mille fois ressassées, ça ne fait qu'encombrer et ce n'est pas de la recherche, mais de la crasse. Ce triste phénomène affecte de toutes façons toutes les branches du savoir humain. En ésotérisme, il se raffine avec la tentative de la facilité à mésuser de "classifications personnelles". Les pâtés d'alouettes sont donc très nombreux. Une difficulté nait donc de devoir les écarter avec précaution, car, très étrangement, tout ne ressort parfois pas complètement du néant dans ces terrines refondues.


Il ne sera pas étonnant que, venant d'exposer quels sont les principaux écueils, nous reprenions leur nomenclature pour en décliner propositions ou positions, semble t-il adaptées :

—a) Quant à la pureté de l'inspir

Ce problème a été diagnostiqué presque à l'origine des flux médiumniques, et attribué à la grande lutte mythique entre la lumière et les ténèbres. En effet, il semblait que les hauts inspirs soit réservés aux praticiens sains, et donc saints en quelque mesure, faisant un effort de pureté ou de contrôle de certains habitus, afin d'entrer en sympathie avec les courants qui, sinon, se refuseraient à une communication avec un récipient contaminé. L'effort de pureté ne signifie pas macération, mais contrôle, dialogue avec son inconscient pour déterminer des bornes. De plus, l'habitude de dompter ses propres volontés parasites, même si elle ne débouche pas sur un fanatisme du comportement sain, développe des aptitudes et des forces, ce qui fut reconnu et accusé dans le schéma des initiations par degrés.
Si tout un chacun n'est pas médium et hautement doué pour l'inspir direct, il existe des méthodes d'approche, telle la constitution d'un égrégore blanc, censé soutenir les efforts d'un groupe de recherche (ou de prière, la prière étant télépathie avec des entités supérieures). Le problème devient alors d'une part le fait que le groupe soutenant l'égrégore va se trouver constitué en monade, et donc ouvert lui-même à des tensions négatives, et d'autre part que les résultats parcellaires auront besoin de recoupements, noyant parfois le canal par des tractations, transactions, arbitrages. Néanmoins, c'est par exemple sous ce mode que fonctionnèrent les groupes fondés par Alan Kardec. Il existait en Inde des méthodes similaires.

— b) Quant à l'élusivité

Mon article publié dans le Bulletin Métpsychique a été charcuté, comme il est expliqué dans la notice l'accompagnant. La toute première version insistait sur une manière d'aborder l'élusivité, soit la mise au point d'une réthorique, ou d'un respect du dialogue, puisque s'il y a tension et intention, il y a esprit, donc présence, donc respect à adresser. Au delà de cette première remarque, le constat qui a subsisté était traversé davantage par les réminiscences historiques du constat de l'élusivité, ainsi que par la recommandation semble t-il cruciale d'Alan Kardec : "Il faut que le médium soit bon". Cette prévention est éclairante, et rejoint globalement toutes les préconisations spirituelles à propos de la sympathie à la lumière ou aux ténèbres : il faut être propre, il faut être bon, il faut être fidèle, positif, etc. Mais savoir où on se situe n'est pas assez déterminant face à un mécanisme de protection qui garantit le caractère voilé des mécanismes internes des créations non matérielles. Il faut savoir, non déjouer l'élusivité, mais mériter qu'elle épargne le stalker furtif.

— c) Quant aux codes

Si on ne comprend pas, on prend connaissance quand même des détails relatifs à l'énigme, et on range avec soin l'énigme en attendant d'avoir davantage d'éléments. Ceci permet de ne pas se fourvoyer (voir d), comme par exemple avec les problèmes posés par les pyramides. Et puis, parfois, par miracle, on a la chance de voir émerger une nouveau travail de passionné, comme par exemple sur le Voynich (Fin 2013 est paru au Mercure Dauphinois un livre traitant d'un nouveau décodage du Voynich).

Il convient, reprenant ce qui est dit plus haut au sujet du code garantissant de l'élusivité, de comprendre quelles sont les degrés d'efficience des codes pour déjouer la vigilance de celle-ci, tout en conservant un minimum d'intelligibilité pour que l'enigme soit résolue par un peu de sagacité. Un part de la recherche en Esotérisme serait donc de jouer, dialoguer avec l'élusivité –nous y encouragions par l'appel à la réthorique– par exemple en essayant des codes pour voir à quels niveaux de complexité elle réagit. Cette recherche est bien entendu de pure forme : la logique même de l'élusivité étant d'empêcher la divulgation au Grand Nombre, trouver ses modes ne saurait signifier "arriver un jour à la suspendre".

Le problème avant celui-ci serait de savoir pourquoi le Grand Nombre ne peut être haussé en conscience par la révélation et le dévoilement de certaines vérités. Plusieurs pistes s'ouvrent ici : a) le fait que le Grand Nombre soit un réservoir émotionnel qui fonctionne en alimentant des intérêts qui se servent alors de l'élusivité pour garantir le calme du réservoir. b) le fait que les codes n'aient rien à voir et que l'élusivité ne soit suspendue que pour certains individus, par leurs propres mérites, cohérences et orientations. c) le fait que l'élusivité obéisse à des lois qui sont justement facteur du grand nombre. On se rappellera ici la parabole de Gurdjieff : Le savoir occulte est comme de l'or en quantité donnée, si on le distribue à quelques personnes, ces quelques personnes en ont beaucoup, et si on le distribue au plus grand nombre, chacun en a très peu... Oui, mais alors, quelle serait cette quantité donnée pour l'humanité ?

— d) Quant à l'élucubration, une variante du mensonge

Voir midi à 13h57 était, selon Gurdjieff, une des caractéristiques fondamentales de l'être humain. De même que celui-ci va confondre un vieux pneu avec un marabout (voir Laurence Durell qui utilise cette figure dans Le Quatuor d'Alexandrie) par simple illusion d'optique, de nombreuses illusions mentales et mirages plaisant peuvent surgir pour alimenter des représentations, constructions et complaisances. Au delà des simples mécanismes de l'erreur (qui n'est jamais qu'omission ou contresens) et des fantasmes ou hallucinations (qui sont des processus hautement élaborés, structurés, et respectables dans de touts autres sens que les stupides invectives qu'on y associe), un penseur peut se complaire, et à des lectures tout à fait orientées, et à des constructions fausses, abusives et pernicieuses. Le "Grand Public" serait ahuri de savoir combien les hauts spécialistes de diverses matières, y compris les maths ou la philo, se livrent internationalement à des concours et surenchères de bêtises.

Conclusion : Premières préconisations pour une pratique saine de la recherche en ésotérisme (méthodologie et déontologie)


A) Souplesse de la constitution des groupes d'enquête : La meilleure méthode pour la confirmation et la validation de données est l'étude croisée par les membres d'un groupe de recherche. Le gros problème étant qu'un groupe de recherche se comporte comme une monade, il convient de border rituelliquement sa réunion, ses travaux et sa dissolution. Après la réunion de travail, Personne ne doit pouvoir se réclamer, par exemple, de tel ou tel groupe. Personne ne doit non plus être davantage défrayé ou soldé davantage que selon un certain barème, le plus modique possible, afin d'éviter la souillure par le biais de l'intérêt particulier ou universel.

B) Dialogue et reconnaissance de l'Elusivité. Toute grande puissance doit être reconnue et honorée et respectée. C'est le premier stade d'un véritable protocole de communication, c'est à dire d'une rhétorique du dialogue absolu. Il sera ensuite totalement nécessaire d'inventorier les limites de sa volonté, ce à quoi elle correspond, et ses domaines d'application. Ce style de constat me rappelle ce que je disais à propos du Monde Invisible dans un article paru dans les Cahiers de IANDS France (n° ) : « Il faut cartographier le monde invisible »… A cet appel pour en dresser les côtes, les reliefs et les abîmes, qui peut répondre sauf celui qui lance le cri devant la falaise (l'écho est revenu, voyez le) ? Eh bien en tout cas, il existe une barre de corail avant le rivage, une barre pourvue d'écueils redoutables et de rouleaux inévitables : l'élusivité.

C) Nulle autre préconisation en ce domaine ne peut être que celle de l'étude, de l'application et du travail. Comme les chercheurs en ésotérisme n'ont pratiquement toujours pu compter que sur eux-mêmes, il sera vain d'espérer en un âge ou des mécènes ou des aides pourraient soulager et encourager ce type d'activité et de recherche…

D) Il serait opportun de rappeler aux petits joueurs de l'ésotérisme qu'ils risquent, in fine, la seconde mort, pour les décourager de se livrer à des pratiques répréhensibles, ici et plus qu'ailleurs. Hélas, l'auto-aveuglement persuadera vite, et a déjà persuadé : Le petit joueur et le roué installé à une place indue essayent de plaider, pour eux-même avant de le mettre en façade, qu'ils ne sont pas pire que les autres ( etc. ), et qu'ils ont apporté leurs parts de bienfaits et que subséquemment ils ont le droit de bénéficier de bénéfices ( etc. ), et qu'on ne les a pas encore assez payés ( etc. ), et que le signe de leur élection est la preuve qu'ils sont, somme toute, meilleurs ( etc. ), et qu'ils peuvent encore jeter des feux si on leur donne du foin en ratelier (comprendre, du pré-mâché à s'approprier pour assimilation étendue)...